LE DROIT A MOURIR ?

De manière régulière, la question du droit à choisir sa mort revient sur le devant de la scène.

La vie est certes infiniment fragile, un rien suffit à l’anéantir en très peu de temps, mais la mort reste indomptable. Quelques-uns, qui souffrent dans leur âme et leur chair, la souhaitent sans pour autant la voir venir. Parfois, elle survient subitement sans avoir été réclamée. La mort n’est jamais au bon rendez-vous, même si, quelque fois, certains la provoquent.

A cet égard, plusieurs affaires défrayèrent la chronique ces dernières années : en 2007 eut lieu le procès d’assises du Docteur Tramois et de l’infirmière Chantal Chanel ; en 2003 ce fut le cas Humbert...et voilà que surgit, en ce premier trimestre 2008, l’histoire terrible de Madame Sébire, atteinte d’une esthésioneuroblastome qui la défigure lentement mais atrocement.

Décidant de passer de vie à trépas, cette dernière demanda vainement au Président du Tribunal de Grande Instance de Dijon d’autoriser son médecin de lui prescrire une substance létale.

L’état actuel du droit français ne permet pas en effet à un patient de décider de sa mort. Tout au plus, la législation autorise-t-elle le patient, « de limiter ou d’arrêter tout traitement », mais à la condition d’être « en phase avancée ou terminale d’une infection grave et incurable, quelle qu’en soit la cause ».

Le médecin doit cependant assurer au patient des soins palliatifs jusqu’à sa mort.

Ces dispositions législatives, issues de la loi du 22 avril 2005, communément appelée loi Léonetti, ne permettent pas l’euthanasie.

Faut-il derechef modifier le droit pour autoriser, sous certaines conditions très précises, l’euthanasie ?

Cette interrogation fait débat de façon récurrente et les partisans de l’euthanasie évoquent notamment la Belgique, les Pays-Bas ou encore le Luxembourg en tant que pays européens ayant adopté un cadre législatif très rigoureux sur la solution.

D’autres n’ont pas hésité à saisir la Cour Européenne des droits de l’homme, comme cette ressortissante britannique, Madame PERRY, en 2002 mais pour laquelle le droit à mourir n’a pas été reconnu.

Le problème de l’euthanasie est-il soluble dans la loi ? Faut-il légaliser cette pratique ? Chacun d’entre nous a sa réponse en fonction de son vécu, de sa personnalité, de ses sentiments, de ses croyances, de sa philosophie ...

Il existe assurément une pluralité de réponses, mais la loi peut-elle trouver une seule et unique réponse à cette question controversée ?

Sait-on vraiment demander si mourir doit être reconnu comme un droit ou, au contraire, doit rester une liberté ?